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Pêche

Où en est la Pêche à Houat ?

La Pêche tient depuis longtemps une grande place dans la vie de Houat, comme en témoigne la devise de l’Ile : « Ag er mor e viuamb » (« De la mer nous vivons »). Ce début d’année 2010, avec le démarrage de la phase de concrétisation du projet de la Maison des Pêcheurs, est une bonne occasion pour faire un bref point à ce sujet.

Depuis le début des années 1970, les Pêcheurs Professionnels de l’île sont regroupés au sein d’une structure collective, le Groupement des Pêcheurs Artisans Houatais, ou GPAH. C’est dans le cadre du GPAH qu’a été construit le bâtiment des pêcheurs en service à ce jour, avec ses équipements pour le froid. Chaque armement s’acquitte d’une taxe de 2% pour financer les frais de fonctionnement, et notamment le poste créé pour le Secrétariat et pour l’entretien de la structure. Il s’acquitte d’autre part d’une taxe de 2% (Redevance Equipement Port Pêche : REPP) versée à la Commune de Houat, qui a la concession du Port.

Les données suivantes nous ont été communiquées par le GPAH : en ce début d’année 2010, la flottille de Houat compte 13 armements et 25 marins. Il s’agit de navires de 8 à 12 mètres, travaillant à la ligne, aux filets et aux casiers. Les produits sont en grande majorité vendus sous la criée de Quiberon. En 2009, le chiffre d’affaires réalisé a été de 1,02 million d’euros. La moyenne d’âge est de 48 ans ; elle est légèrement inférieure à la moyenne nationale (51 ans). Il y a quelques patrons "pensionnés", qui s’acquittent, bien entendu, comme les autres de toutes les taxes et charges. Le plus jeune patron a 28 ans. Un jeune de 19 ans a commencé à travailler avec son père (conformément au schéma général, où le métier se transmet de père en fils depuis des générations). Il sortait du Lycée d’Etel, où trois autres jeunes sont actuellement scolarisés.

Les anciens de l’île savent que depuis bien longtemps les périodes de vaches maigres ont alterné avec celles de vaches grasses. Il est exact que depuis septembre 2008, la crise, mondiale, touche tous les secteurs (par exemple le bâtiment, l’automobile...) et pas seulement la Pêche. Il n’en demeure pas moins vrai que les difficultés de la Pêche sont bien antérieures à cette date. Elles sont traitées depuis plusieurs décennies au sein de l’Union Européenne. Elles affectent en particulier l’ensemble de la Bretagne, et Houat n’y échappe pas. Cette question est importante, mais l’aborder demanderait beaucoup plus de place. Après réflexion, le choix a été fait d’en parler dans un article séparé. Notons toutefois que la diminution de la flottille s’inscrit dans ce contexte, et que c’est un phénomène qui existe aussi au plan national et international.

Le projet de la Maison des Pêcheurs, dont il a été question en début d’article, répond d’abord à un besoin impérieux, puisque l’actuel bâtiment ne répond plus aux nouvelles normes européennes. C’est aussi un témoignage d’une volonté de maintenir et de développer l’activité de Pêche, exprimé par :
- la communauté des Pêcheurs de l’île,
- la municipalité de Houat, et la population qu’elle représente,
- les organismes qui soutiennent le projet et participent à son financement (Europe, Région Bretagne et Département).

L’existence d’un secteur Pêche professionnelle sur l’île a plusieurs conséquences significatives. Celle qui vient peut-être en premier lieu à l’esprit est la possibilité, pour les personnes présentes sur l’île, de consommer poissons et crustacés, d’une incomparable fraîcheur, et aux qualités nutritives bien identifiées (richesse en oligo-éléments et en protéines). Le secteur contribue par ailleurs à l’entretien du Port, dont bénéficient non seulement les habitants de Houat et les résidents secondaires, mais tous ceux qui font de courts séjours à Houat (touristes, plaisanciers...). De façon plus générale, il s’agit d’une activité fondamentale pour l’existence d’une vie permanente sur l’île, plus éloignée du continent que ne le sont par exemple Ré ou Oléron. Sans cette permanence, le fonctionnement même des résidences secondaires deviendrait difficile. Les touristes et à fortiori les résidents secondaires ont donc un intérêt certain au maintien d’un secteur Pêche professionnelle sur Houat : intérêt et solidarité, ici, agissent dans le même sens.

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