"Jésus, que ma joie demeure" : celui que la musique ne laisse pas insensible est saisi par la profondeur sereine de ce choral de Jean-Sébastien Bach. Cela est vrai à Houat, comme à Paris, à Los-Angeles, à Rio ou au Cap. Ce message musical universel du compositeur protestant est reçu aussi bien par celui qui croit au ciel que par celui qui n’y croit pas. Serait bien à plaindre celui qui interpellerait le public, les organisateurs ou l’interprète, d’un concert religieux ou profane où cette oeuvre devrait être exécutée, en le menançant de faire interdire ce concert sous prétexte qu’il pourrait, par exemple, troubler la paix publique.
Chaque printemps, l’existence de la fête de Pâques, dont la date se trouve être liée au calendrier lunaire, intervient de diverses façons dans la vie des habitants de Houat, de Paris, à Los-Angeles, à Rio ou au Cap. Le dimanche précédent est celui des Rameaux. Dans le texte grec de la Bible, dont sont issues les versions en français, le texte correspondant, qui décrit l’entrée de Jésus à Jérusalem, utilise le mot kladoï, qui veut dire précisément petites branches, rameaux. En France, pour les catholiques, qui célèbrent ce souvenir, les rameaux prennent souvent la forme de buis, et en Provence celle de l’olivier. Il semble que l’Eglise ait institué une procession des fidèles à cette occasion il y a plus de mille ans.
Sont aujourd’hui associés à cette fête et aux rameaux, notamment ceux d’olivier, une idée de modestie et de paix, pour celui qui croit au ciel comme pour celui qui n’y croit pas. Venons-en à imaginer qu’une telle procession soit prévue à Houat à cette occasion. Alors serait bien à plaindre celui qui interpellerait l’organisateur, la chorale, le public de cette procession, en menaçant de la faire interdire sous prétexte qu’elle pourrait, par exemple, troubler la paix publique.
Matthieu XXI, 8
Le peuple, en foule, étendit ses vêtements sur la route ;
certains coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route.
Les foules qui marchaient devant lui et qui suivaient, criaient :
"Hosanna au fils de David !
Béni soit celui qui entre au nom du seigneur !
Hosanna au plus haut des cieux !"
Alain et Danielle Deville, Marseille
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